Un puissant séisme au Myanmar et ses répliques qui se sont répercutées en Thaïlande ont fait au moins 154 morts et des dizaines de blessés ou de disparus, les autorités prévenant que le bilan devrait s’alourdir. Le séisme de magnitude 7,7 a frappé le centre du Myanmar vers midi, heure locale, le 28 mars, selon l’Institut d’études géologiques des États-Unis (USGS), son épicentre étant situé près de Mandalay. Une réplique importante de magnitude 6,4 a suivi quelques minutes plus tard.

L’administration militaire au pouvoir au Myanmar, qui a déclaré l’état d’urgence dans six régions, dont la capitale Naypyidaw, a fait état d’au moins 144 morts et plus de 700 blessés. Le chef de la junte, le général Min Aung Hlaing, a lancé un appel à l’aide internationale, invoquant l’ampleur des destructions et la capacité limitée des infrastructures sanitaires du pays. Les hôpitaux de Naypyidaw ont été débordés, l’un des principaux établissements de la ville ayant subi de graves dommages.
Les services d’urgence ont mis en place des zones de triage à l’extérieur tandis que les blessés affluaient. Des images de la capitale ont montré d’importants dégâts structurels, notamment des logements sociaux, des routes et des ponts. Les autorités ont souligné le besoin urgent de dons de sang et de fournitures médicales dans les zones touchées, où l’accès reste limité en raison du conflit civil en cours. En Thaïlande, l’impact a été le plus grave à Bangkok, où un gratte-ciel de 33 étages en construction s’est effondré, tuant au moins 10 personnes et en blessant 16.
Les autorités municipales ont indiqué que 101 personnes étaient portées disparues sur plusieurs sites. Le bâtiment était un projet de la China Railway Construction Corporation pour le Bureau du Vérificateur général de Thaïlande. Des milliers d’habitants ont évacué les immeubles de grande hauteur de la capitale, les secousses étant ressenties dans toute la ville. Le Département thaïlandais de la prévention et de l’atténuation des catastrophes a confirmé que le séisme avait été ressenti dans la majeure partie du pays.
Le Premier ministre Paetongtarn Shinawatra a convoqué une réunion d’urgence pour évaluer la réponse. Les transports publics ont été suspendus et les échanges boursiers ont été temporairement interrompus. Les sismologues attribuent la dévastation à la faille de Sagaing, une importante faille décrochante traversant le Myanmar. Les spécialistes des tremblements de terre affirment que la faille a libéré une énergie équivalente à plusieurs centaines d’explosions nucléaires, avec des secousses en surface qualifiées de « violentes » près de l’épicentre.
Les experts du Centre allemand de recherche en géosciences et des universités qui ont étudié l’événement ont noté que la faible profondeur et les mauvaises normes de construction régionales ont aggravé les destructions. Cette catastrophe aggrave la crise humanitaire actuelle au Myanmar, alors que le pays est toujours aux prises avec une guerre civile suite au coup d’État militaire de 2021. Avec des infrastructures déjà mises à rude épreuve et une grande partie de la population déplacée, les opérations de secours devraient se heurter à d’importants obstacles logistiques, encore compliqués par le risque de fortes répliques dans les semaines à venir. – Par le bureau de presse de MENA Newswire.
